10 mars 2012

Trois hommes dans un bateau de Jerome K. Jerome - les lectures de Kalistina

trois hommes dans un bateau

Las de la vie qu'ils mènent à Londres, trois amis décident de prendre des vacances. Malgré les protestations de leur chien Montmorency, les voilà partis en bateau sur la Tamise, bien résolus à mener une vie saine, heureux de découvrir les charmes de la campagne anglaise. Voilà un paisible voyage qui devient un enchaînement de catastrophes hilarantes...

 

Comme je voulais lire Sans parler du chien de Connie Willis, j'ai d'abord lu ce roman de Jerome K. Jerome auquel celui de Willis rend hommage (sans parler du chien étant le sous-titre).

C'est semble-t-il un roman culte pour les anglo-saxons, qui les fait rire aux éclats. Les fous rire en lisant, j'en ai rarement, et je n'ai donc pas ri avec celui-ci non plus ; mais j'ai souvent souri, parce que c'est assez mordant. Le narrateur est un jeune homme d'une mauvaise foi confondante, feignant, désinvolte, imbus de sa personne, et ses deux camarades ne valent guère mieux.

 

Un petit exemple sera plus parlant :

"J'annonçais mon intention de prendre personnellement en charge la préparation des bagages. Je me flatte en effet de n'avoir pas mon pareil pour boucler une valise. Je dirais même que préparer les bagages fait partie des nombreuses activités dans lesquelles mon savoir-faire dépasse de très loin celui de mes contemporains. (Ces activités sont d'ailleurs si diverses qu'il m'arrive parfois d'en être moi-même surpris.) Ayant insisté auprès de George et de Harris sur ce talent particulier, je leur affirmai qu'ils avaient tout avantage à me confier entièrement cette tâche. L'empressement avec lequel ils approuvèrent ma proposition avait, à dire vrai, quelque chose d'équivoque. George alluma aussitôt une pipe et s'affala dans le fauteuil ; quant à Harris, il posa les pieds sur la table et entreprit de fumer un cigare.

Ce n'était pas ainsi que j'avais imaginé les choses. Mon intention était plutôt de prendre la direction des opérations et de leur indiquer ce qu'ils avaient à faire ; bien entendu, ils auraient manifesté une certaine maladresse et j'aurais dû sans cesse intervenir pour corriger leurs erreurs en leur lançant, de-ci de-là, des : "Ah, toi, vraiment! Quel maladroit! Allons, laisse-moi faire ça, ça ira plus vite! Regarde, ce n'est quand même pas si difficile!" Je les aurais fait bénéficier de mon savoir, pour tout dire. Aussi leur réaction m'irrita-t-elle passablement. Rien ne m'irrite davantage que de voir des gens assis à ne rien faire pendant que moi, je travaille".

Posted via email from hypha's posterous

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